L’approche Systémique

Quèsaco ?

Il s’agit de concevoir la famille, l’environnement social ou encore professionnel comme un système dans lequel chaque individu interagit avec les autres. Aussi, tout comportement a une valeur communicative.

L’individu, influencé par ses intentions, celles des autres, et par les possibilités que lui offrent le ou les systèmes auxquels il appartient, ne peut être considéré en dehors de son contexte.

Pour faire simple, on ne peut comprendre un individu qu’en prenant en compte (et en analysant) le contexte dans lequel il évolue parce que ce dernier a forcément une influence sur son comportement.

L’approche systématique va s’attacher à comprendre les frontières de chacun des systèmes, leurs règles de vie mais surtout, leur système de communication. Elle prendra également en compte les valeurs, les émotions et les comportements véhiculés par la famille de l’individu depuis plusieurs générations et qu’il transporte de fait avec lui.

Partant du principe qu’un système tend le plus possible vers un équilibre, l’apparition de symptôme chez l’un des individus témoignerait d’une interaction entre des forces assurant la cohésion du système et d’autres forces visant à modifier son fonctionnement : un dysfonctionnement communicationnel plus ou moins grave au sein du système, dont les membres n’ont pas nécessairement conscience.

Aussi, le symptôme n’aurait de sens et de fonction que DANS le système (théorie des systèmes), et pourrait être considéré comme un mécanisme homéostatique dont la fonction serait de ramener le système, perturbé, à son état d’équilibre initial : le symptôme témoigne de la difficulté du système à maintenir son équilibre (Don D. Jackson).


“C’est le problème du système qui crée le symptôme individuel.”


 

élargir le champs des possibles

La thérapie systémique est particulièrement mise en œuvre dans les thérapies familiales ou les thérapies de couples.

Contrairement aux thérapies analytiques, la systémie, en particulier dans son approche stratégique, revendique son interventionnisme (en respectant les retenues éthiques qu’imposent la profession : il ne serait question de faire du forcing).

Le thérapeute a le rôle d’un guide plus directif que dans d’autres approches. Toutefois, c’est à l’individu (ou à la famille) de trouver en lui-même la solution qui lui convient.

Le thérapeute compte sur les compétences de son patient et l’en persuade en lui faisant réaliser des tâches simples, aux succès faciles, afin de développer sa confiance en lui.

Il favorise des transformations systémiques en utilisant différentes techniques (recadrage, prescription de comportement…) qui visent à modifier la vision que l’individu a de sa réalité.

En effet, arriver à concevoir une problématique sous plusieurs angles fait sortir l’observateur de la vision étriquée initiale (et source de souffrance psychique) qui emprisonne l’individu. Le thérapeute aide ainsi le sujet en proposant « un élargissement du champ des possibles » (M. Elkaïm).

Aide-toi et le Ciel t’aidera !

J’aime l’idée que l’individu ne puisse se créer de problème qu’il ne peut résoudre par lui-même. Il me semble que cette notion est très enthousiasmante pour un individu en souffrance. En l’aidant à développer ses propres ressources et en activant la part de créativité du sujet, le thérapeute accroît également ses propres capacités. La notion de résonnance décrite par Mony Elkaïm y prend tout son sens. Car c’est bien grâce à ce pont émotionnel entre le thérapeute et le patient, le fait de « vibrer sur la même longueur d’onde », que le travail thérapeutique peut se mettre en place.

Pour aller plus loin :

« Les thérapies familiales systémiques » K. et T. Albernhe – Edition Elsevier Masson – 2014, 4e édition
« Si tu m’aimes, ne m’aime pas » Mony Elkaïm – Edition du Seuil – 2001
« Faites vous-même votre malheur » Paul Watzlawick – Edition du Seuil – 2009

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