“L’homme à la découverte de son Âme” – Carl Jung

Vous avez entendu parler de Jung, vous avez lu quelques unes de ses citations, vous avez une vague idée de ce qu’il a apporté au monde mais c’est encore très …. vague !
Je ne peux que vous conseiller de lire cet article qui vous résume en quelques mots, lignes, bon ok, qui résume (si si je vous promets qu’il s’agit bien d’un résumé) l’un des ses livres les plus connus, et qui – je l’espère – vous donnera envie de livre l’oeuvre complète.

Carle Gustav Jung 1875 -1961

Ce livre est en réalité un recueil de conférences et d’articles présentés entre 1928 et 1934. Carl Jung nous y propose ses différentes théories sur le fonctionnement de l’inconscient à travers trois parties distinctes :

EXPOSITION

Dans la première partie, le livre I qu’il nomme « EXPOSITION », Jung nous explique l’apparition de ce qu’il nomme « une psychologie sans âme » en faisant un retour sur l’histoire de la pensée humaine.
L’homme, après l’influence des religions et de la métaphysique, s’attache désormais au matérialisme scientifique vissant ainsi son esprit dans « une dépendance totale de la matière et des causes matérielles ».

Ainsi, la matière a pris le dessus sur le spirituel faisant l’impasse sur le psychisme inconscient duquel nous dépendons pourtant. Selon lui, « l’inconscient détient des contenus… qui rendus conscients représenteraient un accroissement immense de connaissance ». Il serait également le réceptacle de toutes formes de vie et de fonctions héritées de la lignée ancestrale, de sorte qu’en chacun d’entre nous préexisterait une disposition psychique fonctionnelle, adéquate, antérieures de la conscience, il s’agit ici de sa définition de l’inconscient collectif sur laquelle il insistera tout au long de l’ouvrage.

Le rêve, produit de l’âme inconsciente, représente pour Jung « une porte étroite, dissimulée dans ce que l’âme a de plus obscur et de plus intime ». L’analyser serait un moyen de pénétrer cet espace inconscient et de faire un retour sur soi-même.


Les complexes

La seconde partie de l’ouvrage, le livre II «LES COMPLEXES», nous familiarise avec la « cartographie » que Jung trace de la conscience et de l’inconscient, de leurs structures et différentes fonctions. Le psychanalyste classe les contenus de l’inconscient en trois catégories :

  •  les contenus inconscients accessibles : par exemple les expressions de notre visage ou le nombre de gens que l’on a croisé dans la rue. Ces contenus sont a priori inconscients mais peuvent être remontés à la conscience plus ou moins facilement si nous leur consacrons notre attention ;
  • les contenus médiatement accessibles : ces contenus sont momentanément inaccessibles, comme lorsque nous avons quelque chose « sur le bout de la langue » ;
  • les contenus inconscients inaccessibles: nous en ignorons la quantité car nous ne connaissons pas les limites de l’inconscient mais il s’agit en partie de réminiscences de la vie infantile, d’idées créatrices, de pressentiments, d’intuition…

Pour Jung, la conscience est « une sorte d’organe de perception et d’orientation tourné en première ligne vers le monde ambiant ».
Contrairement à Freud, il pense que la conscience découle de l’inconscient. Le MOI (condition sine qua non à toute conscience) est défini comme «doté d’un pouvoir, d’une force créatrice, conquête tardive de l’humanité, que nous appelons volonté».

Pour s’orienter dans l’espace extérieur, la conscience utiliserait quatre fonctions primordiales :

  •  la sensation : qui indique si l’espace est vide ou non. Il s’agit d’une fonction irrationnelle ;
  • la pensée : juge, trie, précise. Il s’agit d’une fonction rationnelle ;
  • l’intuition : supposition, pressentiment, vagues impressions… fonction irrationnelle ;
  • le sentiment : qui dicte la valeur qu’un objet a pour le MOI. Il s’agit d’une fonction rationnelle.

Jung présente ainsi rapidement dans cette partie, ces théories sur les types de personnalités qu’il a développé dans son présentant ouvrage « Type psychologiques » (1921).

Parallèlement, l’orientation dans l’espace intérieur nous met en contact avec notre « ombre » – la partie obscure du moi, et Jung présente ces éléments discernables de notre vie intérieure :

  • la mémoire : cette fonction nous lie avec les choses qui ont disparu de notre conscience ;
  • les contributions subjectives des fonctions représentent toutes les pensées d’arrière-plan que l’on tait, susceptibles de contrecarrer nos intentions (préjugés…);
  • les affects sont des fonctions involontaires de nature spontanée, elle altèrent la conscience et nous pousse à des comportements insensés. Jung les définit comme desdécharges d’énergie autonomes ;
  • les irruptions de l’inconscient sont des impressions soudaines, des opinions, des illusions…

Le principe de la psychologie analytique est de « ne plus laisser régner la pure barbarie dans cet espace intérieur » qu’est notre inconscient. A l’aide des expériences d’associations qui consistent à demander au patient de donner le premier mot qui lui vient à l’esprit après que nous lui en ayons soufflé un, Jung met à jour les conflits psychiques conscients ou inconscients à tonalité affective du sujet (ce qu’il nomme « complexes »).

Selon Jung, les complexes que nous portons en nous, nous font vivre dans un monde de projections ne nous permettant jamais d’être objectif ni dans nos pensées ni dans nos actes.


Les rêves

Enfin dans le troisième livre « LES RÊVES », Jung nous donne une quantité d’exemples d’analyses oniriques. Il y développe un mini guide de la pratique analytique.

Selon lui, le rêve est une autoreprésentation spontanée de la situation actuelle du sujet, qui communique en vocabulaire symbolique (représentations imagées et sensorielles) des idées, des jugements, des conceptions, des directives, des tendances, qui refoulés ou ignorés sont inconscients.

« le rêve, dérivant de l’activité de l’inconscient, donne une représentation des contenus qui y sommeillent »

Il s’agit d’une autorégulation de l’organisme psychique indispensable et il ne correspond donc pas uniquement à des désirs refoulés mais peut avoir plusieurs fonctions :

  • une fonction compensatrice elle se met en place lorsque les pensées, les penchants etles tendances de l’individu ne sont pas assez mis en avant dans sa vie consciente.
  • Une fonction prospective le rêve apporte ici souvent la solution à un conflit. Il évoque une ébauche, un projet de plan exécutoire. Quand l’attitude consciente de l’individu devient de plus en plus inadaptée, la fonction compensatrice se transforme en fonction prospective indiquant ainsi la marche à suivre.
  • Une fonction réductricequand l’attitude consciente de l’individu et ses efforts outrepassent ses ressources individuelles.
  • Une fonction réactive lorsque les péripéties vécues possèdent un côté révélateur et symbolique qui aurait échappé à l’individu.

“C’est le rêveur qui interprète son rêve”

Aussi, Jung recommande de ne pas analyser un rêve sans connaître le contexte conscient dans lequel il s’est produit car le rêve en est la « face inconsciente correspondante ».

Il va même plus loin, en conseillant de ne pas se cantonner à un rêve mais de se concentrer sur une série. Exception faite pour ce qu’il qualifie de « grands rêves » qui sont, selon lui, des rêves collectifs à caractère archétypique, expression de l’inconscient collectif.

Si les rêves sont en général le fruit de l’inconscient personnel du sujet, les grands rêves sont composés d’images archétypiques salutaires et viennent montrer à l’âme souffrante dans quel état l’être se trouve.

Selon Jung, si le sujet est capable de pressentir ce qu’elles évoquent, il en aura un immense profit. Les images archétypiques correspondent à «une expérience couramment vécue par l’homme et répétée à l’infini au cours des âges ».

L’analyse onirique consiste à rechercher et à rendre conscients des contenus jusqu’alors inconscients, et qui semble participer à l’explication et au traitement du sujet.

Il semblerait que chaque début de thérapie soit accompagné d’un rêve dit « initial » qui dévoilerait à l’analyste le programme de l’inconscient dans toute son ampleur. Il décrirait souvent la situation interne du rêveur.

Jung considère que ces rêves ont à ce titre, valeur de diagnostic. Il met toutefois l’analyste en garde. Ce dernier doit avoir en effet effectué un travail sur lui-même et mis à jour bon nombre de ses principaux contenus inconscients pour ne pas les projeter sur son patient et ainsi altérer sa clarté et son jugement : « tout ce qui est inconscient est projeté ».

L’interprète doit systématiquement se demander quelle est l’attitude consciente que tend à compenser le rêve et prendre en considération les convictions philosophiques, religieuses et morales du sujet. L’analyste ne doit pas suggérer une interprétation. Celle-ci n’a d’ailleurs aucune valeur si elle ne reçoit pas l’assentiment du sujet concerné. C’est le rêveur qui interprète son rêve.

Ainsi, Jung pense que pour acheminer une personnalité vers son autonomie harmonieuse “il faut tenter de lui faire assimiler toutes les fonctions demeurées embryonnaires en son sein et qui n’ont pas réalisé leur épanouissement dans la conscience “. Pour cela, il faut utiliser les contenus inconscients qui se présentent à nous par l’intermédiaire des rêves. Au-delà du traitement curatif, la conscientisation de ces contenus permet à l’individu de tendre vers sa réalisation pleine et entière, son individualisation.


Pour aller plus loin

Lisez ! Carl Jung est très accessible et se lit avec grand plaisir (contrairement à certains 🤫)

“L’homme à la découverte de son âme” – Carl Jung
“Ma vie. Souvenirs, rêves, pensées” – Carl Jung

Et pour alimenter votre Facebook, quelques citations de Jung en cliquant sur ce lien 😉

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