Atelier Psychosymbolique & Transgénérationnel

Atelier sur Capestang, le dimanche 15 mars 2020.

Lors d’une journée d’atelier en petit groupe, je vous invite à découvrir ce qui vous a été transmis par vos parents (et/ou votre lignée familiale) grâce aux arcanes majeures du Tarot de Marseille et à la psychologie transgénérationnelle.


Libérez-vous de votre projet parental pour découvrir votre projet personnel !


Au programme :


✨Découvrir la psychosymbolique au travers des arcanes du Tarot de Marseille;
✨Comprendre votre projet parental et le poids du transgénérationnel sur votre existence ainsi que l’injonction parentale caché dans votre prénom;
✨Découvrir les outils à votre disposition pour aller vers votre projet personnel.

INFORMATIONS :


🌳 Places : 6 personnes maximum
🌳 Date : le dimanche 15 mars à 10h
🌳 Tarif : 80 € par personne (possibilité de payer en deux fois).
🌳 Lieu : Capestang (34)
🌳 Réservation : Contactez-moi par mail.
🌳 Repas du midi : à partager en commun, chacun apporte un mets de son choix.
🌳 Participation : un minimum de trois personnes est nécessaire au maintien de l’atelier.

« Aïe mes aïeux ! » – Anne Ancelin-Schützenberger


J’avais envie depuis un moment de vous parler d’une de mes spécialisations : la psychogénéalogie. Et comme j’aime particulièrement cela, il y a des chances que je vous en parle plusieurs fois 😉.

Le meilleur moyen de vous parler de psychologie transgénérationnelle est de vous présenter succinctement le fabuleux livre d’Anne Ancelin Schützenberger, mère de la discipline. Ce livre fut une révélation pour moi il y a une quinzaine d’années et pour cause ! Mon histoire transgénérationnelle regorge d’exemples qui auraient pu illustrer le livre.




A travers le décryptage de différents cas cliniques qu’elle a rencontré au cours de sa carrière, Anne Ancelin Schützenberger (AAS) nous présente son modèle théorique de la psychologie transgénérationelle.

Professeur de psychologie à l’université de Nice, psychologue et psychothérapeute, l’auteure s’est formée tout au long de sa carrière, auprès des plus grands noms de la profession : Moreno, Dolto, Rogers, Bateson… Son ouvrage est le fruit de ses propres observations mais également des différents travaux dirigés par ses pairs dans le domaine de la relation d’aide.

Le concept

Forte de son expérience, AAS propose ici une nouvelle discipline qu’elle nomme « psychogénéalogie ». Selon elle, nous serions bien moins libres que nous le croyons : « nous vivons prisonniers d’une invisible toile d’araignée dont nous sommes aussi l’un des maîtres d’œuvre ».

Tout comme nous héritons de nos aïeux d’un don, d’une passion, de caractéristiques physiques, ou encore d’un choix pour une profession, il est également possible d’être porteur de traumatismes, de secrets, ou de conflits non-résolus…

Autrement dit, nous porterions des valises qui ne nous appartiennent pas !

Les observations cliniques

L’auteure fournit pléthore d’exemples de ces « traces » observables. On note des répétions d’événements (tragiques mais parfois heureux) de génération en génération : apparition de maladies, troubles divers sans explications rationnelles, périodes de fragilité qui reviennent chaque année, synchronicités, coïncidences de dates de naissance ou de décès, séparations, accidents, échecs…

Les hypothèses de travail

AAS s’inspire et présente les différentes théories qu’elle regroupe sous le nom de psychogénéalogie. La thérapeute revient sur les travaux de Freud au sujet de « l’inquiétante étrangeté », de Jung et de l’inconscient collectif, de Moreno sur les concepts de « tele » : communication positive ou négative, inconsciente, à distance, entre les personnes, de «co-conscient» et de « co-inconscient familial ». Elle cite également les travaux du groupe de Palo Alto et des thérapies systémiques stratégiques (cf l’article sur l’approche systémique ici)

Les concepts marquants

Loyauté invisible, mythe familiale et comptabilité familiale : Ivan Boszormenyi-Nagy.

La loyauté familiale invisible est intimement liée à celui de justice familiale. Au sein de la famille, chacun entretient une comptabilité subjective de ce qu’il a donné et reçu dans le passé et dans le présent et de ce qu’il donnera et recevra dans le futur. Il y aurait dans chaque famille des règles de loyauté et un système de comptabilité inconscients qui fixent la place et le rôle de chaque membre et ses obligations familiales, notamment vis-à-vis du respect et des convenances. La loyauté est déterminée par l’histoire de la famille, par le type de justice que cette famille pratique et par les mythes familiaux.

AAS parle pour cela du Grand livre des comptes de la famille. Selon elle, l’acquittement des dettes familiales est très souvent transgénérationnel : « Ce que nous avons reçu de nos parents, nous le rendons à nos enfants. ».

La parentification est le retournement de ces valeurs. Lorsque c’est le cas dans une famille, ou lorsque le grand livre des comptes n’est pas tenu correctement, une notion d’injustice, de ressentiment peut alors se transmettre de génération en génération et créer ainsi des effets psychopathologiques.

La névrose de classe : Vincent de Gaulejac.

Il s’agit de l’aspect socio-économique de la loyauté familiale. AAS explique qu’il est difficile pour un enfant de dépasser socialement, ou intellectuellement son parent, aussi on retrouve par exemple des enfants dans l’incapacité de passer leur examen en étant malade, en oubliant de mettre leur réveil le jour j ou encore en ayant un accident la veille. L’inconscient ici barre l’accès à l’ascension sociale par des actes manqués (auto-sabotage) « Inconsciemment, la promotion sociale et intellectuelle risquerait de créer une distance ou une déchirure entre lui et sa famille ».

La crypte et le fantôme : Nicolas Abraham et Maria Török.

Les secrets, les non-dits (l’inavouable, l’indicible), tous les événements que la famille étouffe par honte ou par pudeur, peuvent devenir de véritables fantômes qui viennent hanter ceux qui les détiennent.

N. Abraham et M. Török imaginent en effet qu’un secret ait pu être enfermé par le non-dit dans une crypte de l’inconscient familial et en surgir pour influencer le comportement de leurs patients. Un fantôme est donc une formation de l’inconscient né du secret inavouable d’un autre membre de la famille et qui s’est transmis d’un inconscient à l’autre à travers les générations et explique que les sujets concernés ont conscience d’agir dans certaines situations de manière irrationnelle et contraire à leur volonté mais ne peuvent pas s’en empêcher.

Le syndrome d’anniversaire : Joséphine Hilgard. 

« L’inconscient a bonne mémoire ». On peut constater en retraçant l’histoire personnelle et familiale d’un individu, une série de répétitions (naissance, décès, accidents, apparition de maladie, etc.) à des dates précises ou des âges précis, marquant ainsi la loyauté de génération en génération. « Quelque chose se passe comme si on ne devait pas oublier et qu’on n’avait pas le droit de se le rappeler ».

Il peut s’agir d’une naissance qui rappelle un événement important familial (triste ou gai), ou encore d’un accident de la route qui survient au même âge que son ascendant ou à la même date… Si le phénomène se produit à la même date et au même âge, on parle de « double anniversaire ». AAS pense que les périodes d’anniversaires représentent « des périodes de fragilisation » (physique et psychique) liée au « stress d’anniversaire » et qu’il s’agit d’une forme de fidélité invisible (loyauté familiale).


« L’identité se forge à partir de l’histoire propre de chacun – de son histoire familiale comme de son histoire personnelle, toutes deux liées au contexte historique et qu’il vaut mieux la connaître que la subir passivement »


La méthode d’Anne Ancelin

Pour retracer l’histoire personnelle d’un individu, AAS utilise un outil d’investigation mis au point par Moreno : le génosociogramme. Il s’agit d’un « arbre généalogique commenté » sur sept ou neuf générations, « fait de mémoire, complété des évènements de vies importants (avec leurs dates et leurs liens) et du contexte affectifs (liens sociométriques, marqués par des flèches ou des traits de couleur » et respectant une convention graphique.

Le génosociogramme va ainsi indiquer ce que la famille garde en mémoire. Il permet également de constater la façon dont le sujet perçoit les personnages, leurs rôles et les rapports socio-affectifs qui les unissent.

Les noms et prénoms sont importants, ils donnent des indications géographiques, sociales, culturelles mais ils permettront également à un œil averti de poser des hypothèses de travail en pointant des éléments qui cachés. Hypothèses qui n’auront de valeur que si elles provoquent un déclic affectif chez le sujet.

Les dates sont très importantes car elles permettent de situer le contexte socio-politico-historique de la famille. Les synchronicités, les coïncidences de dates (de naissance, de décès, d’accidents, d’apparition de maladie, etc.) seront mises en évidence ainsi que le dit, le non-dit. Les trous et les oublis ont également leur importance dans le décryptage de l’arbre.

Le génosociogramme permet donc de déterminer le fonctionnement des systèmes en place, de comprendre les règles tacites de la famille. En le faisant et en parlant de sa vie, le sujet se situe dans « une perspective transgénérationnelle ». Il part à la recherche de ses racines et de son identité. Il s’agit ici d’un formidable outil de connaissance de soi, de sa famille et des répétitions familiales invisibles. En faisant face «aux obligations et à la culpabilité devant les dettes émotionnelles impayés », l’individu peut ainsi trouver sa place, et faire des projets de vie personnels.

Exemple de génosociogramme

Quid du moyen de transmission ?

Comment la transmission transgénérationnelle est-elle possible? Prudente, la thérapeute reconnaît que pour l’instant, rien ne permet de comprendre le phénomène. Elle ne s’explique pas non plus comment une parole thérapeutique par la prise de conscience permet au patient de sortir du schéma voire de guérir de ses troubles. Elle pense néanmoins que « les progrès de sciences interdisciplinaires touchant à la fois aux sciences humaines, la biologie, la physique quantique, l’éthologie animal et humaine, ainsi que l’étude de nouveaux neurotransmetteurs permettront de mieux cerner ces transmissions » tant entre individus qu’entre générations.

Pour aller plus loin

– « Aïe, mes aïeux » ,
– « Psychogénéalogie : Guérir les blessures familiales et se retrouver soi »,
– « Ces enfants malades de leurs parents »,
– « Exercices pratiques de psychogénéalogie : Pour découvrir ses secrets de famille, être fidèle aux ancêtres, choisir sa propre vie ».